2018, une année couture pour la maison

Cela va devenir une tradition : refaire surface à l’heure des bilans et des bonnes résolutions. Ou autrement dit à la période la plus propice pour se poser et écrire, parce qu’on a (un peu) plus de temps et qu’il fait dégueulasse dehors.

Merci les coupines pour le beau calendrier dans ma langue maternelle !

2018, avec son lot d’émotions intenses, heureuses et malheureuses, ne fut pas une grande année de couture. Tout ce temps passé loin du pied de biche ne fut pas toujours vain : j’ai d’abord terminé le rangement de ma tissuthèque, ce qui n’est pas une petite affaire quand on connait l’état de mon stock, et les mains ont bien souvent remplacé la machine poursuivant ainsi la découverte de la broderie. Enfin, nous avons – accessoirement – réalisé, avec l’aide de nos proches, un rêve vieux de 10 ans.

On est allé au Japon, quoi.

Notre petite vie a bien changée depuis les derniers articles vêtements. De la grande ville à la petite. De la précarité à la stabilité. De l’angoisse et son adrénaline à la routine qui nous endort. De l’espace. Du calme. Mais en retour de la distance, du vide. Le chemin vers le bonheur n’est pas simple !

Coudre pour sa nouvelle vie, par petites touches, parce que les journées sont de plus en plus courtes (font-elles vraiment 24h?), c’était d’abord remédier aux urgences avec du linge de maison. Manger, dormir, se laver, on est vraiment dans le primaire, mais je voulais mes imprimés, mes matières, et puis pourquoi acheter deux rectangles ou des cercles que je pourrai couper et coudre moi-même ? Enfin, c’est ce que je croyais.

1.Dormir – Le tétris de housse de couette

Notre lit, on y passe 1/3 tiers de notre vie. Certes, ce ne sont pas les meilleurs moments pour admirer les imprimés me direz-vous, mais si on a des insomnies, ça compte un peu non ? Bref, j’avais surtout 5,60 mètres de toile à drap achetés il y a des années qui ne rentraient pas dans les caisses de ma tissuthèque mise au régime sec depuis mon déménagement, le coup de pied au cul déclic idéal pour s’atteler enfin au renouvellement du trousseau. Pour finir sur l’imprimé, et après j’arrête, ce fut une déception totale puisqu’il est si discret qu’il en est presque invisible. Il s’accordait pourtant très bien avec mes taies d’oreiller (j’ai une passion pour les cercles concentriques).

Par contre les péripéties rencontrées méritent qu’on s’y attarde un peu. Si vous pensiez qu’il s’agissait de coudre deux rectangles endroit contre endroit, et pouf, on n’en parle plus, c’est que vous ne savez pas combien j’ai eu à l’épreuve de mathématiques au bac. Comme d’habitude, j’ai sortie ma grosse louche dans le magasin en pensant que ça passerait LARGE, et que j’aurai même des chutes. Il n’y a pas eu de chutes, mais je suis tombée de haut (depuis l’altitude de ma bêtise) en réalisant qu’une couette retombait sur les côtés. Eh oui! Je n’ai pensé qu’à la taille de mon matelas, pas standard évidemment, un peu comme celle de mon cerveau mais dans l’autre sens. Donc une laize de 160 = FAIL !
Toujours sûre de moi, j’ai acheté une « rallonge », après des mois à chercher la bonne couleur sous l’œil inquiet de la vendeuse (mais vous êtes sûre que vous allez utiliser ça pour du linge de lit ?!). Mais oui! T’inquiète biquette, ça n’abimera pas nos corps délicats puisque le rectangle de secours en vilain tissu synthétique râpeux se situera AU-DESSUS. Elle a pensé à tout la fille ! Bin en fait non. Je n’ai pas pensé à ça : le bout de machin qui se met SOUS le matelas. Et merde. « C’est vââchement technique une housse de couette en fait » (Heureusement qu’on ne parle pas d’une robe de mariée là…). Donc j’ai sorti l’artillerie post-conneries, et j’ai refait les plans du Titanic :
  Au final, après m’être haïe d’avoir confondu pendant tant d’années le cours de math avec mon lit, j’ai fini par m’en sortir en découpant des bandes étroites, puis de tous, tous petits morceaux dans la chute qui était censée me faire du rab’, pour compléter les centimètres manquants sous la housse, sur les côtés. Enfin mon côté, car j’ai mis tous les raccords par chez moi. Vous comprenez, Monsieur, lui, n’a pas fabriqué les meubles de la chambres avec une porte trop courte. Voilà d’ailleurs un aperçu de ce qui sort de l’atelier à l’autre bout de la maison : les meubles en bois de palettes de M. Mousse


Ah je suis fière de mon bucheron ! (dont on voit les chemises d’ailleurs) 😀

Pour revenir au tetris : il n’y a que le bout de machin qui va sous le matelas qui a été pioché dans mon stock. Ça n’est pas très français, mais en attendant, qui c’est qui a liquidé un coupon moche de son stock, hein, c’est qui ? D’un coup, il m’a paru précieux car c’était le seul qui ne jurait pas (trop) et surtout, paraissait solide. La solidité, cela ne risque pas d’être le fort de cette housse, avec toutes les coutures que j’ai du faire pour assembler les petits morceaux……En revanche, c’est devenu ma housse préférée, car ce tissu, finalement pas si joli, a une autre ressource que je n’avais pas soupçonnée : il est d’une douceur incroyable pour une toile de coton ! C’est comme se pelotonner dans un énorme doudou ! On peut donc dire que la mission est en partie remplie, même si je risque de ne pas en profiter autant d’années que je voudrais. C’est ça les joies de la couture : se planter, et puis finalement non.

2. Manger – le panier à fruits… et à patates !

Le vieil essuie-tout au fond de la corbeille à fruit, on connait tous ça. Un peu comme les sacs plastiques. Et puis depuis quelques années, on redécouvre qu’on peut LAVER les trucs au lieu de les jeter ! OOOhhh. La modernité, c’est merveilleux.

J’ai investit dans de la corbeille sur pieds de compétition à trois étages avant de déménager, pensant qu’avec nos 2m² de jardin on serait bientôt auto-suffisant en fruits et légumes toute l’année. Bon j’ai oublié de vous dire que j’habitais en appart, et que la seule chose que j’ai élevé dans la terre – et qui n’a pas crevé – est un cactus. Mais bref, j’ai fait mes paniers lavables.

J’ai donc relevé le fond des trois paniers, ainsi que leurs hauteurs respectives pour faire de longues bandes pour les côtés. Ensuite, j’ai fait quatre fentes, et j’ai cousu dessus des bandes qui pendouillent. D’habitude, on révise ses fentes indéchirables pour ses chemisiers, moi, c’est pour mes patates : je n’avais pas d’autres choix si je voulais un petit revers, à cause des quatre pieds. Mais c’est le côté pratique, ça permet de les nouer, et ça relève un peu le motif fadasse.

Quand je pense que j’avais acheté ce tissu pour faire une robe et que je me demandais si ça ne faisait pas trop torchon… Le noeud du plus petit panier vient d’un vieux soutif, et le ruban, d’un stock qui m’a été offert par une personne âgée qui elle-même le tenait de sa tante, c’est dire si c’est ancien. C’est donner de la confiture aux cochons vu la délicatesse de la chose, mais au moins, je la vois tous les jours.
 Ça, c’était pour les mignonneries… Pour les ratés, c’est le petit panier du haut qui a servit de cobaye pour les deux suivants… En effet, je suis partie sur un système de coulisses intégrées dans le revers, abandonné pour la suite : trop compliqué et inesthétique. Tout est assemblé en coutures anglaises (un fruit pourri, c’est déjà relou, alors si on peut éviter que ça colle dans les fils du surjet, c’est mieux) mais sur les essais suivants, elles sont placées à l’extérieur : moins joli mais plus pratique (cf fruit pourri).

Au final, après presque 1 an d’utilisation, je suis contente d’avoir pris du temps pour coudre ces accessoires, certes peu gratifiants, mais plutôt utiles : regardez moi ces patates bien terreuses, elles sont pas bien, là?

3. Se laver – les lingettes lavables

En arrivant au dernier chapitre, vous commencez à vous demander si c’est pas un peu l’arnaque cet article mi-rattrapage, mi-rétropective foireuse, mais c’est que vous n’avez pas encore lu l’article couture sans couture (maintenant vous vous dites oui, c’est vraiment l’arnaque).
 En effet, mes lingettes ne sont ni cousues en double épaisseur éponge/toile de coton comme on le voit souvent, ni même surfilées. Elles sont juste coupées, et… c’est tout. Pour une raison simple : j’ai la peau du visage TRES sensible, et le tissu éponge me râpe la face dès qu’il n’est plus neuf (et plein de calcaire !). Donc j’ai surtout passé du temps à chercher la matière idéale pour des lingettes qui se rapprochent le plus de la douceur de mes cotons démaquillants jetables MAIS pas en synthétique (la pollution tout ça, bref vous commencer à connaitre). Il y a un paquet de solutions : éponge, micro-éponge, microfibre, polaire, nid d’abeille, toile… en coton, en bambou, en tencel, eucalyptus…(petit comparatif ici, pour celles qui auraient envie de tout fait).

J’ai éliminé tout potentiel râpeux, et après maintes tripotage chez Ecolaines j’ai trouvé que le plus doux était la polaire de coton bio, commandée au Père-Noël l’année dernière. C’est juste le bonheur : c’est tout doux, ça le reste, ça passe à 60° sans moufter (je les ai même fait bouillir) et ça ne garde pas les taches de maquillage (je ne peux parler que des yeux car je ne mets pas de fond de teint). Après 6 mois d’utilisation, je peux même dire que ça ne s’effiloche pas du tout et que cela ne se déforme pas, ou très peu, car elles rentrent toujours dans mon tube.
 
J’ai aussi testé du molleton de chanvre bio, et je n’ai pas été convaincue : utilisable sur une face seulement (l’autre est en jersey râpeux), le côté doux et duveteux s’est tout de suite tassé et est devenu un peu plus rêche. Le maquillage ne se détachait pas bien non plus. Bref, ce n’est pas adapté pour cette utilisation.C’est un petit pas pour l’humanité (quoique, si tout le monde pensait à réduire ses déchets…) mais un grand pas pour moi : je les utilise tous les jours et je suis contente de mon coup. Après utilisation, je les mets dans un filet pour lingerie pour que ce soit bien respirant, en attendant la prochaine lessive à 60° (pour mater les microbes). De temps en temps, je les fait bouillir, et pour continuer sur le côté « hygiénique », j’ai quand même un petit stock de coton jetables que je réserve pour le nettoyage des plaies, les boutons etc.

La prochaine fois, on causera slip et broderie. Tout un programme.

5 réflexions sur “2018, une année couture pour la maison

  1. Oui, un peu l’inverse de la couture plaisir : ça vient à l’usage, parce justement, on l’utilise beaucoup! Merci, j’aimerais avoir plus de temps pour écrire, parce que ça fait du bien !

  2. Je croyais avoir laissé un commentaire la dernière fois, mais non, donc: bravo, c’est beau! Autant la housse pour drap que les meubles en palettes m’impressionnent! Je me suis déjà fait avoir avec le coup des rideaux « faciles et rapides à coudre », la housse de drap attendra encore un peu chez moi. Pour les meubles, j’ai quand même dû relire deux fois pour y croire! La majorité des fois où j’ai vu des meubles en palettes, c’était plein d’échardes et pas beau, là c’est super classe!
    Et le jour où j’aurai la place pour un panier à fruits et patates de compétition, j’aurai une pensée pour toi.
    Dans un sens, j’aime bien coudre des trucs utiles justement parce que je sais que je vais les utiliser. Les habits impressionnants qu’on ne ressort jamais alors qu’on s’est au moins autant pris la tête dessus que pour un drap, je trouve ça déprimant!
    D’ailleurs, tu n’as pas des chemins de table à montrer un de ces quatre en parlant de trucs fou et superbes qui prennent une plombe à faire? 😉

  3. Ah ça va faire plaisir à Monsieur, merci Liseli 🙂 Il y passe du temps, notamment à apprendre grâce au net, et… il ponce beaucoup! Il en a fait d’autres, je les mettrai la prochaine fois.

    Pour la couture, ça me rassure, je ne suis pas la seule à me prendre la tête sur des rectangles!… Parfois, j’ai l’impression de rentrer dans un tunnel sans savoir quand je vais en sortir car les lignes droites c’est assez ennuyeux, alors quand on se trompe c’est double peine (je n’aime pas les chiffres)… heureusement quand ça sert, tu as raison, on se rappelle pourquoi on n’a pas lâché, malgré le côté peu attrayant.

    Le chemin de table s’est transformé en kakemono ! Car fini à la moitié seulement pour ma fête, je l’ai plié en deux (pour cacher la partie non brodée) et cousu temporairement sur une baguette. Finalement, ça rendait pas mal au mur, et puis vu le nombre d’heures passées (plus de 30 actuellement, car je recommence beaucoup beaucoup beaucoup) je vais faire une syncope si on le tâche ^^ J’ai dû redessiner le motif car c’est le même dessin en miroir, que je n’ai pas pu retourner pour faire une belle courbe faute de tissu assez large. Maintenant que c’est fait, il faut se motiver pour les dernières lignes, puis le doublage et la bordure… C’est long et je n’ai plus la motivation, mais il faut qu’on en finisse ! Pour commencer mon cadeau de Noël (des lapins en sashiko hiiii).

  4. C’est notamment le temps de ponçage qui m’impressionne, effectivement (et bien entendu le résultat, hein), donc passe volontiers les félicitations à Monsieur!
    Pour les rectangles, j’aime bien les chiffres (encore heureux vu mon boulot) mais j’ai aussi réussi à faire des rideaux pas de la bonne largeur et là pourtant il n’y a même pas de volume, je compatis donc fort.
    Bon courage pour la broderie aussi, vous avez l’air d’être des as de la patience tous les deux!

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