L’histoire de Bip, le slip pour homme

C’est l’histoire d’un couple qui demande des cadeaux bizarres au Père-Noël : l’une veut un clone, l’autre des slips. Mais pas n’importe quels slips : des slips BIO pour protéger son précieux, parce qu’il a lu quelque part que tous ces pesticides dans le coton, c’est pas bon pour les héritiers. Le problème, c’est que sa marque préférée de slips, bin elle en fait pas des slips BIO (en fait si, j’ai vérifié. Alors? Nouvelle méthode d’approche prétextant de nombreux essayages en tenue légère? M. Mousse, si tu me lis?).

Bref, il y a aussi une histoire de résistance dans cette affaire de slip : le fournisseur historique a changé son modèle phare. Rendez-vous compte : aujourd’hui la taille-basse, demain le string?! C’en était trop. M. Mousse demanda à Mme. Mousse de sortir son plus beau pied de biche et de donner une bonne leçon à tous ces slips. Le plus vieux et plus élimé vulnérable de la tribu slip fut sacrifié pour voir ce qu’il avait dans le bide. Bon, ça ne ressemble à rien un vieux slip disséqué.

Et si on allait voir du côté des patrons ? La pêche fut maigre mais bonne : en effet, à part le patron gratuit JEFF proposé par Eclipse lingerie Studio et qui n’est visiblement plus disponible, je n’ai trouvé que BIP chez Etoffe Malicieuse. C’est à dire que le slip n’est plus tout à fait tendance (et c’est pour ça que M. Mousse est unique, on n’en fait plus des comme ça). Donc si on trouve quantité de boxers – et dans une moindre mesure des caleçons – la chasse au slip est beaucoup plus compliquée. Mais cela ne fait rien, car ce modèle a plu du premier coup. Et d’ailleurs, M. Mousse est libre de changer d’avis, car BIP est vendu dans un pack lingerie homme en PDF très complet qui contient aussi 2 versions de boxers et un caleçon, sur une gamme de taille plutôt large.

Pour ce qui est du tissu, je me suis rendue chez le dealer de la situation : Ecolaines, à Rennes. J’adore ce magasin, et je savais qu’ils vendaient du jersey bio. Même s’il y a beaucoup de choix sur Internet, je préfère me rendre compte du toucher et du tombé du tissu avant d’acheter, surtout pour une affaire aussi importante. Imaginant déjà M. Mousse en Tarzan, mon choix s’est arrêté sur un jersey jaune « Stripes » d’Elvelyckan Design, mais me suis ravisée au dernier moment pour une couleur plus neutre.

Son seul défaut (au tissu, pas à Tarzan) est de n’être pourvu que de 50% d’élasticité au lieu des 70% préconisés. J’envisageais donc de faire plusieurs essais. C’est un coupon précieux, aussi je n’ai pris que les 40 cm nécessaires, j’ai été obligée de retourner à Ecolaines pour en faire un 2e (oh, vraiment dommage. Je n’en ai même pas fait exprès).

D’autant plus que M. Mousse ne rentre dans aucune case du tableau des tailles. Le tour de taille dans l’une, le bassin dans l’autre, et son tour de cuissot hors compétition, ce qui nous a valu un sacré fou rire. Il faut dire que M. Mousse est très grand, il a donc de très grandes jambes (et peut-être aussi que je m’y suis prise comme un manche car le slip lui va quand même en XL).


C’est là qu’un peu perdue, j’ai contacté la créatrice d’Etoffe Malicieuse pour savoir comment mesurer la bête, et la réponse claire et rapide me conforte dans l’idée que c’est une marque de patrons à retenir :

« Pour les hommes, il existe le tour de ceinture et le tour de taille : le tour de ceinture se mesure où l’homme a l’habitude de porter la taille de son jean par exemple (cette mesure est souvent environ 1 cm en dessous du nombril, mais tout dépend des habitudes) Le tour de taille est l’endroit le plus fin du buste et se trouve donc normalement plus haut que le tour de ceinture. Le tour de bassin est au plus fort des hanches. Selon les morphologies, cela peut être plus ou moins haut sur le corps. Prenez donc au plus fort des fesses, et non pas dans le creux des hanches.  » (réponse de la créatrice)

En effet, même s’il ne s’agit que d’un patron en trois pièces, c’est toujours agréable d’avoir un PDF « tout confort » avec la possibilité de choisir ses « options » grâce aux calques : avec ou sans marges de couture, impression d’une ou plusieurs tailles, traits et couleurs bien distincts… Le tout associé à un mode d’emploi d’impression + des conseils couture du jersey pour ceux qui ne s’y seraient pas encore frottés, c’est agréable d’être aussi bien accompagnée.

La route sous le pied de biche se poursuit sans encombres. Si la forme à plat d’un slip est plutôt déroutante, tout prend très vite forme, et les explications accompagnées d’un dessin à chaque étape ne laisse pas de place au doute.

Le suivant a subi une adaptation pour le confort cuissal de mon (grand) homme : étant donné son tour de cuisse hors concours, j’ai repris le patron, re-scotché la chute (en ne touchant pas au tour de taille qui lui va bien en XL) pour redécouper la taille la plus large au niveau des cuisses.


J’ai aussi changé l’élastique à insérer sur les cuisses : il y en a de beaucoup sur le marché, mais bizarrement aucune mercerie en ligne ne juge utile de fournir des explications pour orienter le choix vers la fourniture la plus adaptée (c’est quelque chose que je constate souvent et que je regrette, surtout dans certains magasins, avec des vendeurs qui ne connaissent rien aux produits). Là encore c’est chez Etoffe Malicieuse que j’ai trouvé une explication sur les différentes sortes d’élastiques. Donc ce que j’ai pris est un élastique tissé, beaucoup plus souple et moins épais que l’élastique côtelé de départ. En revanche, le truc en caoutchouc que j’ai décortiqué dans le slip du commerce est bien de la laminette (voir l’article cité).

Côté slip du commerce justement, la « doublure » n’est pas intégrale, elle est ratiboisée sur les côtés et n’est donc pas prise dans les coutures latérales. C’est peut-être moins bien point de vue solidité, mais vu l’épaisseur de mon jersey, j’y songe pour les prochains : il faudrait réduire la double couche pour l’été et/ou trouver un jersey plus fin.


Au final, pour une taille choisie au pifomètre, on s’en sort plutôt bien, M. Mousse, le nouveau slip et moi. Il paraitrait même que BIP est le nouveau King de l’armoire et que tous les autres slips peuvent aller se rhabiller. Désormais M. Mousse ne s’habillera qu’en slip fait maison.

Cette histoire est dédiée au dernier sourire arraché sur un lit d’hôpital à l’écoute de ce récit, et à toutes les personnes dont le rire nous manque.

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10 réflexions sur “L’histoire de Bip, le slip pour homme

  1. Bel article, Mme Mousse, qui m’a fait sourire, et la chute m’a émue. Moi aussi j’ai un homme comme on n’en fait plus qui ne jure que par les slips. Je vais peut-être me lancer, avec tous tes conseils ce serait bien le diable! Bises! LesFleursBleues

    • Merci Cécile ! Ah je ne suis pas la seule avec un modèle unique ^^ Je te conseille le patron, pour une petite pièce il est vraiment aux petits oignons (après une période Burda, ça surprend toujours), et même si tu tâtonnes sur la taille comme moi (sans jeu de mots!), il est toujours possible de recommencer vu le peu de tissu nécessaire.

  2. Moi aussi j’ai un homme en slip !
    Merci pour la belle histoire, toute en photos et bien détaillée de Bip le slip ! ça donne envie de se lancer (mais je risque d’être plus enthousiaste que mon homme )
    A tous les sourires et les rires qui sont de si précieux souvenirs ❤

    • Ahah ! L’enthousiasme est parfois contagieux, il faut tenter ? 🙂 Je crois que s’il est adopté c’est aussi parce que le destinataire a vu le temps passé dessus, les questionnements, le retour du magasin toute contente avec quelque chose pour lui, les essayages et les fous rires qui vont avec. C’était la première fois que je cousais pour quelqu’un d’autre et j’ai envie de recommencer puisque le modèle est à proximité !

  3. Merci pour ce retour, il y a visiblement plus d’hommes à slip qu’on imagine! Bon, le mien, je lui ai cousu un caleçon Bruce de freesewing.org malgré tout (donc le slip avec des jambes) et même s’il n’en avait jamais porté, il a étonnament accroché. Est-ce que tu as testé le patron Jeff quand même?
    J’hésite à perdre du temps dessus ou à investir dans le patron que tu as testé. Monsieur a vu ledit patron et il a halluciné concernant le trou-pour-sortir-son-engin-sans-baisser-la-ceinture, il avait jamais vu ça. Oui, mon homme n’est pas très curieux en ce qui concerne les sous-vêtements 😉
    Et tu sais toujours aussi bien écrire, quel que soit le sujet!
    Plein de pensées, une autre needlenaute qui met les sous-vêtements de son homme en vitrine.

    • Merci pour ton p’tit mot, moi aussi j’aime bien te lire 🙂 Oui finalement, les hommes à slips sont planqués, parce qu’il y en a plein ! Pour le patron Jeff, il est désormais introuvable, je pense qu’il a été retiré de la circulation, donc je ne pourrai pas le tester. C’est vrai que si on a un homme mono-sous-vêtement, acheter un pack n’est pas très utile, mais quand j’ai vu à quoi ressemblait le slip démonté, je me suis dit que j’aurais besoin d’un parcours balisé, même pour trois pièces, parce que je n’avais jamais fait de lingerie, même pour moi, et je ne regrette pas car c’est très bien expliqué. J’avoue que j’ai été un peu étonnée aussi par le caleçon bi-couches pour-envie-pressante mais je comprends le côté pratique de la chose ^^

  4. Il m’a fait rire ton article ! merci aussi pour la petite note de fin.
    Ici on est plutôt boxer aussi bien pour le père que le fils, qui aurai tant voulu que j’ai assez de tissu ouistiti pour en faire un assorti pour la fête des pères ahah!

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