Et j’ai tuné mon carrosse (ou mon premier point de croix)

Et puis j’ai tuné mon carrosse… Chsuis la princesse de la voiture… Appelle moi si tu veux conclure… Aaah non, aujourd’hui nous ne causerons pas de mon recueil de poésie préféré, mais bien de point de croix.

Depuis que je vis à la campagne, j’ai dû m’asseoir sur 2-3 principes idéalo-écolo-urbano-bobo (rayer la mention inutile) et vendre mon âme au diable en investissant dans quatre roues et un moteur. Vous m’auriez prédit cela il y a 10 ans, j’aurais été sceptique, mais alors que je me mettrai au point de croix à cause de la voiture, ça je n’y aurais vraiment pas cru !

Et encore… Je ne vous ai pas parlé de la tangue !

Car oui, à l’origine du projet, il y a un immense et gravissime problème : prendre le pain au passage mettait des miettes sur mes sièges, et ça, au début, j’aimais pas. Je dis au début, car ça, c’était avant de réaliser que la plage n’est qu’à 20 minutes top chrono en voiture, et que le sable est un tantinet plus salissant pour la moquette d’une 206 que les galets, qui restent moins dans le maillot de bain (enfin, normalement !) et surtout les miettes de pain. J’ai vite été fatiguée de me battre avec l’aspirateur et j’ai laissé la poussière, le sable et les miettes faire leur vie.

Parallèlement, quelque chose d’autre était en train de naître dans mon atelier, mais aussi sur le canapé, dans un transat, à la plage, à l’hôpital, et même sur le stand d’une brocante ! Je n’ai pas encore essayé en conduisant, mais je ne serais peut-être plus là pour vous vanter les joies de la broderie, ce loisir transportable presque partout et qui a détrôné la couture dans mon cœur l’année dernière.

Par contre, avec un chat dessus, ça ne marche pas.

Après 10 ans de machine à coudre, on oublie combien le point main est agréable. Le sac à pain spécial automobile a  été un prétexte pour faire de la broderie utile, mais ça aurait pu être n’importe quoi d’autre. Je brodais déjà avec grand plaisir un cahier d’exercices, et je voulais m’essayer au point de croix, qui n’était pas inclus dans le cahier. Je suis tombée sur la couverture du magazine Création Point de Croix n°65 chez le marchand de journaux avec les pendentifs au mini point de croix.

 

J’ai trouvé qu’il était plus raisonnable de s’essayer sur un petit motif gentillet avant de massacrer ma gaze de soie sur un mini-tambour. Mais même en me réfrénant, il y a eu quelques ratés, donc je fais ici un mémento qui pourrait être utile avant de se lancer tête baissée.

Ce que j’aurais aimé savoir avant de débuter le point de croix

Le support :
Le point de croix fait partie des points comptés, on comprend très vite pourquoi : le croisement des fils de chaine et les fils de trame forment une véritable grille sur laquelle on monte le motif, de croix en croix (pas de report de dessin, mais diagramme à suivre). La régularité du tissage est donc très importante.

Il existe plusieurs types de support, dont deux principalement :
la toile Aïda, qui forme des petits carrés facile à broder pour les débutants, qui se compte en points au centimètre
l’étamine de coton et la toile de lin, qui se comptent en fils au centimètre. Plus il y a de fils au centimètre, plus le tissage est serré et les fils difficiles à distinguer : logique. Les principales marques leur donnent des noms.

Je ne savais pas tout cela, et visiblement la vendeuse de la mercerie du coin non plus ! J’ai demandé de la toile à 14 fils, comme indiqué dans mon magazine, et malgré mon air inquiet et mon insistance sur le nombre de fils, elle m’a coupé de l’Aïda ! Aïe (ida).

Le fil :
Il existe une grande variété de fils à broder, les plus courant sont les cotons moulinés de DMC, Anchor, Madeira… Chaque numéro correspond au code couleur de la marque. Ces fils sont traités grand teint et présentent une bonne résistance au lavage et à la décoloration par la lumière.

A savoir : le fil ne s’utilise pas tel quel, les brins se dédoublent, il faut utiliser le nombre indiqué ou faire des essais. Le nombre de brins donnera plus ou moins de relief, en fonction du tissage plus ou moins resserré du support.

Le matériel :
Un tambour, pour tendre la toile pendant le travail. Mais attention, ça laisse des marques s’il reste trop longtemps en place ! Mieux vaut le défaire si on laisse l’ouvrage de côté un moment. Pour ma part, j’ai eu le droit à une belle démarcation après avoir brodé en extérieur, un jour d’été où la foule piétinait et soulevait la poussière pendant une brocante. Heureusement cela se lave très bien, un petit trempage et il n’y paraissait plus.
Il en existe en plastique, mais par principe « sus au plastique », le mien est en bois.
Des petits ciseaux de broderie : pas indispensables, ils permettent néanmoins d’être précis. A acquérir si on pratique beaucoup, mais si on fait également de la couture, on ne peut plus s’en passer pour couper les petits fils au moment des finitions.
Aiguilles à broder pour le point de croix, à bout rond. Je n’était pas équipée au début, mais sur l’Aïda, ça ne m’a pas gênée. Elles sont numérotées, les chiffres les plus élevés correspondent aux plus fines.

Mon stock

J’avais déjà du matériel (tambour et ciseaux) puisque j’étais déjà en train de broder le cahier d’exercice. Pour le support, j’ai été mal orientée et le rendu sur Aïda parait évidemment moins naturel que sur la toile de lin en présentation sur le magazine. Mais finalement, c’était pas mal pour tester une première fois le point de croix, c’est juste la couleur – un blanc très…blanc – qui ne me plait pas.

L’avantage du blanc, c’est que l’on voit très bien la démarcation de crasse dont je parlais plus haut

Quant aux fils, j’ai eu la chance de récupérer le stock d’une relation professionnelle, une aimable dame qui le tenait elle même de sa grande tante, et qui n’en avait pas l’usage. Je n’ai donc pas suivi les couleurs indiquées dans le magazine, pour faire avec ce que j’avais (et puis ça me plaisait d’avoir des poules crêtées rose !). Je ne sais pas de quand date ce stock de fils, mais les couleurs sont toujours aussi belles.


Il y avait aussi du fil de soie, et des choses rigolotes comme tout un kit pour remailler les bas filés. Ça parait incroyable aujourd’hui dans notre monde jetable, mais l’engouement autour du visible mending et plus généralement pour la récup’ et le recyclage (ou le bon sens et l’esprit d’économie?) pourrait laisser penser que ce genre d’objet retrouvera peut-être sa place dans les nécessaires à couture. Ou une grosse guerre. Mais je m’égare, là?

Le motif

Je suis partie d’un motif de petite poule proposé dans le magazine pour des couvre-coquetiers (??), reproduit en miroir, avec le mot « Pain » brodé au-dessus grâce à un abécédaire présenté dans le même numéro (tous ceux qui ont lu « Rain » confirmeront que je me suis foiré sur le raccord du « P »). Je trouvais cela un peu triste, alors j’ai rajouté un petit tas de miettes de pain, en hommage à mes sièges (le premier qui me parle de fientes finira dans le coffre).

L’appliqué

Une fois la broderie terminée, j’ai rabattu les bords au fer à repasser grâce à un gabarit en carton au diamètre désiré. J’ai fait une couture de bâti pour maintenir le tout avant de poser mon biais qui vient des chutes de ma jupe « Miss Origami » aux fourmis (La Droguerie). Super souple, il s’est facilement adapté à la forme circulaire et j’ai donc pu coudre d’une seule traite le sandwich biais-broderie-tissu au fil jaune fluo.


La couture du sac à pain

Pour faire le sac à pain, je n’avais besoin que d’une seule pièce de tissu, que j’ai repliée à un peu moins de la moitié, comme on peut le voir sur la photo, pour avoir un rabat sur le devant. J’ai choisi un tissu (lin?) enduit, toujours pour mon histoire de barrière anti-miettes/farine sur les sièges, parce que le pain n’y reste que le temps du trajet. Pour le contact alimentaire, ce n’est pas terrible je pense.

Ensuite j’ai posé un biais rouge sur le petit bord intérieur. Puis les bords latéraux ont été assemblés en même temps que la pose du biais tout autour des contours extérieurs du sac. Pour finir, j’ai ajouté une poignée avec du ruban à sangle, pour saisir le sac plus facilement. Mais en l’absence de système de fermeture, elle n’est pas très pratique car le sac s’ouvre tout seul.

Malgré tout, je le trouvais réussi, peut-être trop joli pour le peu d’utilité que nos rares trajets en voiture allaient lui réserver. Et ça n’a pas manqué, il a fini en boule dans le coffre, entre le bidon d’huile et le liquide de refroidissement.

Ironie du sort, mon carrosse a été embouti… C’est finalement dans la sacoche à vélo familiale que le sac à pain et ses petites poules ont commencé une nouvelle vie, maintenant bien remplie… de miettes !

 

 

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