Sac à épingles à linge pour défi anti-plastique

Alors que j’avais bien rattrapé mon retard de publication début 2019, voilà que les mois de rentrée ont eu à nouveau raison de mes bonnes résolutions (ou plutôt de mon temps libre et de mon énergie). Mais ce projet là, bien que tout mou, tout moche, sert toutes les semaines, alors rendons lui justice : il mérite autant son article qu’une robe ou un haut qui ne seront jamais autant rentabilisés !

Je l’aime d’abord parce qu’il part d’une bonne idée : le défi anti-plastique lancé en mai dernier sur T&N. Il s’agissait de coudre/tricoter/crocheter, bref faire n’importe quoi avec du fil qui remplacerait un objet en plastique…si possible sans utiliser de matières plastiques !

Dessin de Deligne pour Urtikan

La réduction du plastique, c’est quelque chose qui me tient à coeur, et que j’essaie déjà d’appliquer autant que possible au quotidien depuis quelques années, après avoir été traumatisée comme tout le monde par des documentaires sur les moules bourrées de micro-plastiques ou les billes de gel douche qu’on retrouve dans l’océan (pour rester soft). J’y suis d’autant plus sensible que j’ai la chance de voir passer nombre d’objets anciens, et je me surprends à dire encore aujourd’hui : « ah c’est comme ça qu’on fabriquait ce truc avant qu’ils passent au plastique ? ». C’est souvent beaucoup plus joli, plus solide, mais aussi – si on laisse faire la nature et qu’on les laissent sans soins – facilement biodégradable… Déformation professionnelle oblige, je me demande aussi ce qu’on trouvera de nous dans quelques siècles, si on n’a pas réussi à s’auto-éradiquer d’ici là bien-sûr, avec tous ces restes qui ne se dégraderont pas, ou très lentement, empilés générations après générations sous la terre ou dans le fond des océans… et même dans l’espace !

Dessin de Kountouris, Efimerida Ton Syntakton, Athènes

Bref, passés ces hoquets d’angoisses existentielles, je peux aussi dire que j’ai pris beaucoup de plaisir à faire ce sac parce que cela m’a permis de :

1 – rayer de ma to-do list couture quelque chose qui avait presque dix ans ! Oui, la « chose » qui me servait de sac à épingles datait de mon installation avec Monsieur Mousse, et c’était un emballage attrapé au vol, dans lequel était vendu le rideau de notre chambre ! La « chose » s’était délitée petit à petit, avait été rafistolée avec du scotch, en se promettant d’y remédier… (j’espère que vous noterez tout de même le réflexe « second hand »).

2 – fabriquer moi-même, et mieux que ce que je trouverais dans le commerce, l’objet dont j’avais EXACTEMENT envie et besoin :
-un sac en tissu
-tenant debout pour pouvoir être posé
-avec des fenêtres pour voir mes épingles
-un système pour le suspendre
-mais aussi un moyen de fermeture pour éviter l’avalanche d’épingles (qui survient généralement quand vous êtes pressés).

Au cours de mes heures de recherches pour trouver le modèle parfait pour cette mission de haute importance, je suis tombée sur le panier de Redwork in Germany (à gauche), que j’ai trouvé très joli et pratique. C’était l’inspiration principale, mon seul regret est de n’avoir pu intégrer des coins au fond de mon sac pour qu’il tienne également debout, car il était trop petit (à droite) :

3 – choisir mes matériaux – et là, le défi anti-plastique tombait à pique pour que je m’y mette – mes motifs, et même faire de la récup’ : la « chose » n’est pas tout à fait morte avec ce projet puisque j’ai récupéré la fermeture à glissière ! J’ai réussi à trouver du filet en coton chez Écolaines car autrement on trouve majoritairement du filet synthétique (arg, plastique!). Le cintre est un cintre à pantalon en bois et métal dont je ne me servais pas : Monsieur Mousse m’a enlevé les pinces et même raboté les bords quand je me suis aperçu que j’avais fait mon sac trop petit !

Par contre il y a un fail avec le tissu principal que je prenais aussi pour du 100% coton : au test de combustion, il fond un peu trop pour être innocent… Je l’ai acheté il y a trop longtemps pour m’en souvenir, mais je pense que la trame n’est pas en coton.

C’est tout de même une opération chute, puisqu’il vient des restes de mon panier à patates. Il ne manquera bientôt plus que de la tapisserie à carreaux sur les murs si je fais le panier du chat avec les restes du coupon. Mais cercles ou carreaux, j’hésite. Parce qu’on a choisi un chat quand même bien assorti aux coussins de la maison, et ce ne serait plus très feng shui

La réalisation

Dans la bande de tissu principale (mesurant 62 x 27 cm), j’ai évidé deux rectangles de 16 x 11 cm, à 12 cm des bords.

Pour faciliter la pose de la fenêtre, j’ai tracé au crayon les valeurs de couture, avant de les plier au fer à repasser sur l’envers. Les angles sont crantés.

La fenêtre en filet de coton de 20×15 cm est cousue en sandwich entre le tissu principal et du biais (environ 80 cm utilisé plié).

Ensuite les petits côtés du tissu principal sont cousus en deux fois, en laissant 2 ou 3 centimètres pour l’emplacement du cintre (cercle sur photo gauche). Cela nous donne un tube, que j’ai recoupé à l’emplacement de la fermeture à glissière (toujours photo gauche). Avant de la poser, j’ai surfilé tous ces bords pour éviter tout effilochage, car l’objet doit être solide à cause du poids (photo droite).

Pour finir j’ai assemblé les grands côtés avec une couture anglaise, toujours pour des questions de solidité. J’ai cru que je n’y arriverais pas avec la fermeture à glissière, mais j’ai triché en faisant un grand point !

Enfin il ne restait plus qu’à insérer le cintre en bois dans la partie supérieure, et c’est parti pour les tournées de linge !

2 réflexions sur “Sac à épingles à linge pour défi anti-plastique

  1. Je me demandais comment il pouvait tenir debout en lisant ton mot sur T&N, j’ai maintenant la réponse!
    J’aime beaucoup l’idée d’assortir le chat aux coussins, faudra que j’essaye avec notre futur « coloc ». Sachant qu’il y a des grenouilles sur les miens, ça sera facile 😉

  2. Ah ah, j’ai mis du temps à comprendre pour les grenouilles ! Un jour, c’est lui qui te refera la déco ^^
    Pour le sac, ce serait possible techniquement d’ajouter les coins dans le fond, si ça n’était pas embêtant de perdre du volume vu que je me suis trompée dans mes calculs. Mais je ne pense pas qu’il tiendrait debout pour autant, à cause du poids du cintre en bois vs le tissu mou, notamment celui des fenêtres en mailles. Celui sur la photo d’inspiration doit être sacrément rigide, et posséder un cintre en métal tout léger…

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