Robe Alina à bestioles

2022, vous ici ? Le temps est passé vite depuis la dernière publication, mais il faut dire qu’il n’y a pas eu que du virus dans l’air… Il y a aussi eu un peu de terre (collection printemps-été 2022) et beaucoup de plâtre (collection printemps-été 2021).

Malgré tout, la machine est sortie quelques fois de son carton, pour des coutures aussi passionnantes que des ourlets de rideaux, ou du raccommodage de drap housse. Heureusement, le concours annuel de Thread and Needles m’a remis le pied à l’étrier cet hiver, avec un projet dont je reparlerai plus tard (non publié).

Pour l’été, en général, je ne me couds jamais rien puisqu’ici la météo est toujours moyenne. Au mieux, j’enlève mon gilet, et voilà : j’ai ma tenue estivale. Mais réchauffement climatique oblige, on a crevé de chaud comme partout, et il devenait urgent d’avoir une robe légère dans mon armoire.

LE PATRON

Après avoir longuement hésité entre deux patrons de mon stock (la robe Hanna de la Maison Victor et un Burda pochette 7949)…

J’ai finalement commandé le patron de la robe Alina de Mouna Sew (devenue Majam). Ce patron a déjà quelques années, et j’avais repéré les jolies réalisations chez des needlenautes comme L’Usine à bulles, et plus récemment Miss Chardonnay, qui me l’a remise dans la rétine. Je voulais une robe simple, sans trop de pièces ou plis, car j’avais déjà mon tissu en tête dont le motif est, comment dire… assez envahissant.


Pas question pour autant de coudre un sac à patates, j’avais envie de quelque chose de relativement cintré, avec une jupe patineuse : dans le mille pour Alina, qui possède en plus une jolie découpe en V inversé au niveau de la taille. J’ai choisi la version B, dont la seule variation est un empiècement qui suit la découpe en V du dos.

Il s’agit d’un patron PDF, mais lors de la commande, il y a la possibilité de choisir une impression en A0, ce qui revient à 14€ au lieu de 11. Je trouve ça vraiment bien, et je ne comprends pas pourquoi d’autres marques ne le proposent pas. Je n’ai donc pas eu la joie d’assembler 15 000 pages avec des bisous.

Les marges de couture sont incluses (1 cm), et ça, ça n’est pas toujours un cadeau, comme on le verra plus loin…

TISSU / MATÉRIEL

J’ai utilisé un tissu classé dans la catégorie « précieux » de mon stock, marque Stof, acheté en 2019 chez Self Tissus, à Rennes. Ce vert forêt n’est pas franchement dans ma palette de couleur habituelle, et je réservais le motif animalier/multicolore plutôt à un vêtement enfant (c’est d’ailleurs pour ça que mon inconscient m’a dit « prends-en 1m80 » hinhinhin). J’ai déjà cousu une jupe à fourmis, et d’autres coléoptères m’attendent cet hiver…

Mais plus encore, je l’adorais, parce que la plupart des cotonnades que l’on trouve au détail sont assez raides. Celle-là est plutôt « molle », avec un tissage légèrement lâche : j’ai vu son gros potentiel respirant et même absorbant, qualités qui ne m’ont jamais parues aussi importantes que par 37° à l’ombre.

Pour les empiècements dos, j’ai utilisé un autre tissu d’amour d’un jaune indéfinissable (un peu vert, un peu kaki, on ne sait pas bien), en coton, tissé très fin et très serré, du genre avec bruit de parachute inclus. Il a la faculté de s’entendre avec à peu près tous les tissus de mon stock. De son premier lavage en machine, il était ressorti durablement froissé, mais grâce à l’aide du forum de T&N, les dégâts ont été atténués par un trempage dans le vinaigre et lissage humide à la main sur rambarde de balcon (une technique ancestrale).

Côté matériel toujours, il faut du biais et une longue fermeture à glissière de 45 à 50 cm. En magasin, on trouve du 40 ou du 60, rarement du 50 cm. N’essayez pas de feinter avec du 40 : ça passe déjà juste à 45 cm (repère patron).

LA COUPE DU TISSU

Il faut quand même que je parle de la coupe, parce que dit comme ça, il a l’air parfait ce tissu à bestioles, mais il m’en a fait baver ! Je me suis obstinée mise en tête de faire des raccords, en prenant pour point de repère le gros scarabée bleu… Mais après avoir coupé la 1ère pièce du patron, je me suis rendue compte que le motif du tissu était imprimé de travers… La brochette de bestioles remonte côté droit ! J’ai donc dû recouper une 2e fois le devant, et placer un max de pièces sur le bord gauche, imprimé à peu près correctement.

Las ! Malgré tous mes efforts, un temps interminaaable à couper, mes raccords sont complètement foirés. Bon, c’était un peu ambitieux devant à cause de la découpe en courbe de la jupe. On sent que la volonté est là, mais…

Derrière c’était pourtant plus facile, puisque le milieu dos est droit. Mais non. Résultat, c’était les scarab ou la découpe jaune. Les chutes qui me restent ne sont mêmes pas utilisables puisqu’il s’agit du côté avec un défaut.

En plus, le tissu a un autre défaut : il y a de minuscules bouloches, qui, quand elles tombent, laissent un petit point blanc derrière elles… Sur un fond aussi sombre, ce n’est pas anecdotique. Je ne sais pas si c’est dû à l’impression numérique, mais c’est bien dommage.

MODIFICATIONS/AJUSTEMENTS

Sur un patron aussi simple, je ne pensais pas passer autant de temps sur les ajustements… Mais vu ma morphologie (buste plat et taille épaisse) il est toujours plus prudent de faire une toile, puisque comme d’habitude, j’étais entre plusieurs tailles dans le tableau.

Bien… ou mal m’en a pris, puisque je n’en ai pas tiré les bonnes conclusions pour le vêtement définitif.

Ma toile en taille 34 pour le tour de poitrine (plus petite taille), gradée en 36 pour le tour de taille au repère indiqué sur le patron, s’est avérée trop petite au niveau des côtes. De plus, à ce moment, pour diverses raisons, je me sentais oppressée au niveau du plexus, et c’est pile à cet endroit que le vêtement me serrait, m’empêchait de respirer à fond. Être sensible à ce niveau là rendait le vêtement d’autant plus difficile à supporter.

Les marges étant incluses, avec seulement 1 cm, je n’avais pas beaucoup de marge (c’est le cas de le dire !) pour élargir les côtés, et espérer mettre cette toile taillée dans un vieux drap mais prévue pour être portable. Après 0,5 cm grignotés de chaque côté (soit 2 cm au total), je me sentais déjà mieux, mais on voit sur les photos que ce n’est toujours pas ça (plis).
De plus, la pince poitrine parait en lévitation sur moi. Pour le vêtement définitif, je l’ai descendue de 2 cm avec la méthode de la boite (note pour moi qui l’avait oublié…), et c’est mieux.

Je décide donc d’attaquer le tissu précieux avec la taille au-dessus, en 36 au tour de poitrine et tour de taille. Quelle erreur ! Cette fois, c’est trop grand… ça poche horriblement sur les côtés au niveau de la poitrine, alors qu’à la taille, qui se situe en fait à la naissance de la découpe en V, ça va, mais il n’y a rien de trop.

Il y a bien un repère sur le patron pour grader entre les tailles, mais il est bien en dessous de la ligne de taille, et donc mal placé pour moi (pour mon problème en tous cas). J’aurais dû rester en 34, en agrandissant les marges de couture puis en ajustant à partir de cette base qui n’allait pas trop mal, car au dos, en 36, c’est la cata. Comme je suis cambrée, il y a surplus de tissu d’autant plus important avec une taille au-dessus…

J’avoue qu’après avoir passé beaucoup de temps à ajuster le buste, et donc après avoir nécessairement monté la fermeture invisible, je n’ai pas eu le courage de la démonter pour reprendre aussi le dos… J’ai fait un essai en réduisant les côtés, mais comme c’était prévisible, un bec se forme à l’arrière, et la jupe ressemble à une cloche avec les poches ajoutées sur les côtés.

Je n’ai pas conservé cette dernière modif dos visibles sur les photos 2 et 3, et tout décousu. Peut-être que j’y retoucherai l’été prochain, mais là, non. J’y ai juste passé toutes mes vacances…

Autre problème : un pli se forme à partir de la pointe de la découpe, et me donne franchement un profil de femme enceinte. J’avais ce soucis dès la réalisation de la toile, le problème ne vient donc pas de mes ajustements ni de l’ajout de poches sur le vêtement définitif. Peut-être que l’allongement de la jupe (+ 10cm) est en cause, avec le poids supplémentaire, les plis se placeraient différemment ? A moins que ce soit la nature du tissu (beaucoup de réalisations vues en tissu très fluide genre viscose) ? Ou encore mes particularités morphologiques, avec ma poitrine très plate et ma mauvaise posture… Dans tous les cas, c’est déprimant d’avoir tourné autour du pot des ajustements sans avoir trouvé la solution.

Dernière mauvaise idée : ajouter des poches, comme sur ma robe Eléonore (modèle de poche datant de mes cours). J’ai hésité, et je me suis dis que c’était bête de faire ses fringues soi-même et de ne pas en profiter pour en faire quelque chose qui coche toutes les cases de ce que l’on attend d’un vêtement : confortable, joli, et pratique, le p-à-p faisant rarement les 3. Pourtant c’était un peu risqué sur ce type de robe, et c’est vrai que le résultat n’est pas heureux. Je pourrais les fermer, pour corriger le tir, mais comme elle n’est pas terrible, autant qu’elle soit pratique !

MONTAGE

Je n’ai pas pris beaucoup de photos du montage, puisqu’il existe une vidéo très bien faite par la créatrice du patron. L’assemblage de la découpe en V se passe très bien. Il est juste important de bien faire coïncider les crans à chaque étape.

Attention également à ne pas se planter dans le sens des empiècements dos, ça a failli m’arriver.

J’ai creusé l’encolure, qui m’étranglait un peu sur la toile, mais j’ai conservé la même finition que celle proposée sur le patron, à savoir un biais (pas de parmenture).

Pour le zip invisible, j’ai ressorti ma bonne vieille mécanique, n’ayant pas de pied presseur à FG invisible sur le nouveau bolide. C’est vraiment plus propre qu’avec un simple pied à FG.

Concernant les manches, puisque j’aimais bien la longueur à cru, j’ai fait un mini-ourlet à 0,5 cm.

Reste la question de la longueur de la jupe : je l’ai rallongée de 10 cm par rapport au patron, mais je trouve que ce n’est pas heureux, j’aurais dû y aller franchement et faire une robe longue. Alors j’hésite, raccourcir or not ? En attendant, j’aime beaucoup la porter avec un pantacourt ample, comme une sur-robe.

CONFORT

Passée la déception, je la trouve finalement pas mal après l’avoir portée direct en conditions extrêmes : une journée et soirée plus tard, à jouer des percussions, à danser, – en pleine chaleur – je peux dire que je l’ai appréciée ! Même si esthétiquement ce n’est pas une parfaite réussite, c’est une robe légère et confortable, dans laquelle je suis à l’aise, je peux gigoter…

Je suis bien contente d’avoir passé du temps à faire tous ces ajustements et modifications (notamment de l’encolure), parce que je pense que cela resservira pour des hauts, et pourquoi pas, une autre robe (sans motifs !).

Résumé

  • Robe Alina de Mouna Sew, T 36
  • Environ 180 cm de coton marque « Stof », impression numérique, création Laura Lancelle, (Self tissus Rennes, 2019)
  • Modifications : ajustement du buste, pince poitrine abaissée de 2 cm, encolure creusée, jupe allongée de 10 cm, ajout de poches

Les photos et la patience qui va avec sont de M. Mousse.

2 réflexions sur “Robe Alina à bestioles

  1. Elle n’a pas été facile à faire mais en final avec les modifications que tu as apporté , elle te va très bien ..
    Et les poches c’est absolument indispensable …bonne idée .
    Un basique que tu peux recommencer, elle est très bien ..bravo

  2. Et bien, que de péripéties !!! Bravo à toi d’avoir trouvé la motivation nécessaire pour aller jusqu’au bout de cette réalisation. Le résultat est superbe ! Ce patron me fait de l’oeil depuis sa sortie. Perso, la seule chose qui me gêne est le zip placé au milieu dos mais je suppose qu’on doit pouvoir le déplacer le côté…

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